Les traitements

Le but des traitements est d’empêcher la prolifération du virus. Il en existe deux grands types : les inhibiteurs de la transcriptase reverse et les antiprotéases. Leur différence réside principalement dans le fait qu'ils agissent à des stades différents de la reproduction du virus dans les cellules.
  • Les inhibiteurs de la transcriptase reverse, comme leur nom l’indique, vont empêcher la transcriptase inverse (enzyme virale) de transformer l’ARN du virus en ADN viral qui parasite l'ADN de la cellule hôte. Ces produits ont été les premiers utilisés dans la lutte contre la multiplication du virus dans l'organisme dès les années 80 (AZT) et le début des années 90 (ddI, ddC). La famille s'est agrandie, et l'on compte aujourd'hui près d'une dizaine d'inhibiteurs de la transcriptase inverse : AZT (Rétrovir®), ddI (Videx®), ddC (Hivid®), 3TC (Epivir®), d4T (Zérit®), AZT+3TC (Combivir®), névirapine (Viramune®), delavirdine (Rescriptor®), efavirenz (Sustiva®).


  • Les antiprotéases vont agir à un autre stade de la reproduction du VIH en s'attaquant à l'activité de la protéase, enzyme virale qui permet la maturation des nouveaux virus créés par la cellule infectée. Cette enzyme ne peut plus terminer la fabrication des protéines du virus, notamment celles de l’enveloppe. Le nouveau virus fabriqué ne peut plus infecter d’autres cellules. L'action des antiprotéases est jusque 100 fois plus puissantes que celle des inhibiteurs de la transcriptase inverse. Dans la famille des antiprotéase, on touve: ritonavir (Norvir®), indinavir (Crixivan®),saquinavir (Invirase® et Fortovase®), nelfinavir (Viracept®)


Les multithérapies

Les deux types de traitement précédemment cités ne sont pas suffisamment puissants individuellement.
L'association de deux inhibiteurs de la transcriptase inverse et d'une antiprotéase a donné naissance à ce qu'on appelle la trithérapie.

On parle maintenant de multithérapie, car le nombre de molécules utilisées peut varier de 2 à 5. L'utilisation de plusieurs médicaments de plus en plus puissants est motivée par les capacités du virus à muter et créer des résistances face aux diverses molécules qui perdent alors de leur efficacité. En effet lors de la transcription de l'ARN viral en ADN, la transcriptase commet des erreurs créant ainsi des virus mutants, certaines mutations entraînant une baisse de la sensibilité du virus aux médicaments. Le virus se multipliant jusqu'à plusieurs milliards de fois dans l'organisme chaque jour, le rôle des multithérapies est notamment de réduire considérablement et si possible rapidement cette multiplication, limitant ainsi également les possibilités de mutation virale et les phénomènes de résistance.

Les différents traitements permettent de rendre le virus indétectable dans le sang, mais ne l’élimine pas. De plus, ces traitements comportent d’importants effets secondaires. L’espoir réside dans l’arrivée d’un éventuel vaccin. De nouveaux traitements sont également très attendus. Ils devraient empêcher la fixation du virus sur les cellules ou bloquer l’intégration de l’ADN viral dans le patrimoine génétique.